la Vierge des Scrovegni, par Duccio, dans la Tentation du Christ de la Maestà et par Taddeo Gaddi, dans la Présentation de la Vierge de Santa Croce, disparaît de l’art italien à l’époque de la grande réaction qui marque la seconde moitié du siècle, tandis qu’elle continue d’être utilisée par les peintres du Nord, comme en témoignent la Présentation du Christ des Très-Riches Heures du duc de Berry (qui suit Taddeo Gaddi), l’Annonciation et la Présentation du Retable de Dijon, de Melchior Broederlam, une miniature du Livre d’Heures d’Etienne Chevalier,
de Foucquet, la Nativité, de Dijon, et le Mariage de la Vierge, du Prado, du Maître de Flémalle, ainsi que la Friedsam Annonciation,
peut-être d’Hubert van Eyck. Absente de l’œuvre de Jan van Eyck, elle devient exceptionnelle à l’époque où triomphe l’« espace droit » (le seul exemple significatif repéré par Panofsky dans l’intervalle qui sépare la Friedsam Annonciation de la Justice de Cambyse, de Gérard David, la construction du Retable Bladelin, ou Retable de Middelburg, de Rogier van der Weyden, à Berlin-Dahlem, s’explique, peut-être, par une réminiscence, plus ou moins consciente, de la Nativité du Maître de Flémalle), la
perspective oblique connaît un regain d’intérêt avec la « troisième » génération, lassée de la perspective droite, des artistes du XVème siècle, comme
témoignent les fol. b IV r° et b V r° du de artificiali Perspectiva de Jean Pèlerin-Viator (Toul, 1505), avant de culminer dans l’espace tournant, ou espace pivotant, de la Naissance de la Vierge d’Altdorfer, de l’Alte Pinakothek de Munich. Sur la préférence des peintres du Nord pour le Schrägraum, cf. Panofsky (Erwin), « Die Perspektive als “symbolische Form” » (1927), Aufsätze zu Grundfragen der Kunstwissenschaft, Berlin, 1992, p.124-125, ainsi que la note 71, p. 164-166 et tr. fr. La
perspective comme forme symbolique, Paris, 1975, p. 170-179 ; sur la fortune historique de la construction oblique, cf. White (John), Naissance et Renaissance de
l’espace pictural, Paris, 1992, p. 61 sq. et passim, et Panofsky (Erwin), Les Primitifs flamands, Paris, 1992, p. 301-302, ainsi que les notes 77 et 78 du Chapitre VI.
oyseaulx | 02 h 17 | Rubrique : études sçavantes | Màj : 28/09/07 à 03 h 53 | Lu 1217 fois