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Réponses aux objections

Lundi 04 Mai 2009.

désastre d'une expérience

sur quelques points de déontologie politique et publiciste, avec quelques observations de philologie critique

P. S. Pour la bonne intelligence et l'horloge du site n'étant pas à l'heure de Paris, nous précisons que nous publions les présentes le lundi 4 mai 2009, à 17 h 37, heure légale de Paris.

    Nous écrivions hier soir, en commentaire à un article paru dans un media indépendant :

    « Si vous voulez mon opinion, la Ronde des obstinés, demain, lundi 4 mai, à midi, c’est fini. Les initiateurs vont annoncer la fin de la Ronde. Ce qui soulève pas mal d’interrogations, parce qu’ils nous ont fait tourner pas mal en rond, ces initiateurs. Sans nous dire qu’ils avaient négocié un accord secret avec Delanoé pour que ça s’arrête au bout de mille heures. Mille heures à tourner en rond pour ne rien obtenir. Et si c’était les occupants de l’Hôtel de Ville qui avaient raison ? » (cf. ici).

    Le même 3 mai 2009, à 22 h 10, nous écrivions, dans un commentaire à un article paru sur le site des étudiants d'histoire de Paris I :

    « "Jusqu'à demain midi". On ne saurait mieux dire. J'étais sur place il y a deux heures, et j'avais le sentiment d'assister à un enterrement. Demain, à midi, les initiateurs vont annoncer l'auto-dissolution de la Ronde, sans avoir rien obtenu, après nous avoir fait tourner en rond pendant mille heures. De qui se moque-t-on ? » (cf. ici).

    En commentaire à un article intitulé obstinés vs insurgés (occupation de l’hôtel de ville à Paris), nous écrivions, le 3 mai 2009, à 22 h 31, sur un site en libre publication :

    « Si vous voulez mon opinion, demain, lundi 4 mai, à midi, c’est fini la Ronde. J’étais sur place il y a deux heures et j’avais l’impression d’assister à un enterrement. Demain, les célébrations des mille heures finies, les initiateurs vont annoncer l’auto-dissolution de la Ronde. Sans avoir rien obtenu. Il y a, paraît-il, un accord secret avec Delanoé pour arrêter au bout de mille heures (d’où l’embarras que suscita l’occupation de l’Hôtel de Ville, le soir du premier mai). C’est à se poser des questions. Car ils nous ont quand même pas mal fait tourner en rond, finalement, ces gens. Ils auraient pu nous consulter. Et si, au bout du compte, c’étaient les occupants de l’Hôtel de Ville qui auraient raison ? » (cf. ici).

    Lundi 4 mai 2009, à 14 h 29,  les rédacteurs du site publiaient, sous le titre : Comme prévue (sic), la Ronde des obstinés stoppe,
un article, répertorié http://bellaciao.org/fr/spip.php?article85184, ainsi libellé :

    « Sans avoir rien obtenu et en suite d’un accord secret avec Delanoé pour arrêter au bout de mille heures (d’où l’embarras que suscita l’occupation de l’Hôtel de Ville, le soir du premier mai), la "Ronde des obstinés" ont (sic) mis un terme, ce midi, à leur action sur le parvis de l’Hôtel de ville... ;-)

    On se pose des questions... Car ils nous ont quand même pas mal fait tourner en rond, finalement, ces gens. Ils auraient pu nous consulter. Et si, au bout du compte, c’étaient les occupants de l’Hôtel de Ville qui auraient raison ? »

    Nous avons évidemment fait observer aux rédacteurs qu'il n'y avait que les oyseaulx sçavans qui avoient prévu, avec leur regard perçant, du haut de l'élément aérien où ils évoluent, ce qu'ils reproduisaient gentiment dans les termes mêmes où ils avaient traduit leur désarroi, dans un commentaire qui n'a pas retenu l'attention des rédacteurs pour publication.

    Il n'est pas invraisemblable de supposer que les occupants de l'Hôtel-de-Ville aient un regard aussi perçant que nous. On peut donc penser que leur action se proposait de dénoncer, d'avance, l'auto-dissolution de la Ronde et de souligner l'inefficacité des initiatives pacifiques. Nous n'aurons pas l'indélicatesse d'insinuer que la Ronde infinie a été dissoute par M. le Maire de Paris, plutôt que dispersée par M. le Préfet de Police. On peut, néanmoins, penser que l'accord secret qui liait les initiateurs au premier a été cause qu'elle l'a pas été par le second. Que de pareils engagements se trament dans le dos de pauvres oyseaulx qu'on convoque poliment pour venir tourner tout un dimanche de fête foraine laisse penser que beaucoup de membres de l'enseignement supérieur continuent de prendre les oyseaulx pour des pigeons. L'initiative des occupants retrouve, évidemment, ici, sa véritable signification et son entière justification, comme s'explique la réaction, complètement déplacée, des initiateurs de la Ronde.

oyseaulx | 17 h 39 | Rubrique : Misère de la philosophie | Màj : 05/05/09 à 02 h 05 | Lu 3452 fois

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Commentaires

P.

05/05/09 à 19:49

La ronde s'est arrêtée car elle n'avait plus les moyens de tenir.

Pendant ce mois et demi, sont organisation et sa permanence ont été assurés par les initiateurs de Paris 8, même s'il est évident que sans la participation des autres universités nous n'aurions jamais tenu, notament pendant les vacances.

Combien d'heures passées à lister, calculer, contacter, relancer, suer sur les plannings, jour après jour ? Combien de 'pompiers' de P8, à appeler en cas de désertion quasi totale, ont été réveillés au milieu de la nuit ces dernières semaines, jour après jour ? Combien d'étudiants, d'enseignants, de Biatoss de P8 ont tenu des créneaux de 7, 8, 9h d'affilé, jour après jour ?
Toutes les organisations et universités ont été contactées pour s'y investir à temps plein, prendre la relève. Qu'y pouvons-nous si personne n'a accepté ?

Il est facile de critiquer, d'insinuer. L'arrêt de la ronde telle que nous la connaissions nous occasionne à nous rondeurs, initiateurs, organisateurs, plus de tristesse encore qu'à n'importe quel partisan, participant, et nous sommes les premiers à déplorer non seulement cette situation, mais la manière dont cette décision a dû être prise.

Une bonne fois pour toutes, qu'on arrête de nous bassiner avec l'invasion de l'hôtel de ville, les propos déformés par un journaliste d'une seule enseignante qui ne blâmait pas l'initiative mais précisait qu'elle n'était pas une action des rondeurs a mis le feu aux poudres. Qu'on arrête de tomber dans les pièges qu'on nous tend ! Une petite partie seulement a condamné, certains ont regretté la position dangereuse dans laquelle se retrouvait alors la ronde, mais d'autres soutiennent et applaudissent. Vous voulez vous faire un avis ? Venez à Paris 8 venez parler aux rondeurs, à pluieurs, plutôt que de généraliser dans le mur.

Très important : contrairement à ce que vous insinuez à coup de gros sabots, personne de la mairie n'a jamais contrôlé ou même influencé une quelconque décision.

Si vous en avez envie, vous tous qui êtes si prompts à nous descendre de l'extérieur, allez donc tourner, allez donc perpétuer la ronde, allez donc crée des listings, des plannings, braver la pluie et le froid, dormir quatre heures par nuit quand vous avez de la chance. Allez-y.
Tellement, tellement facile.

Réponse de l'auteur de l'article.

oyseaulx

05/05/09 à 21:51

    Je suis très touché de la peine que vous avez prise de répondre d'une manière circonstanciée  à ce que j'avais écrit et qui ne repose évidemment que sur des observations personnelles.
    Avec le respect qu'on éprouve pour des personnes qu'on a admirées et qu'on continue d'admirer pour la rigueur exemplaire avec laquelle elles ont conduit une initiative inédite dont nous ne pouvons encore mesurer l'importance et les conséquences, je m'autorise à présenter les réflexions que m'inspire ce que vous m'avez écrit, réflexions dont je peux vous assurer qu'elles ne sont pas faites dans un esprit de dénigrement, mais pour éclairer des discussions qui se poursuivent sur certains points demeurés obscurs dans les conditions de la dissolution de votre initiative. Parmi les personnes présentes lundi à cinq heures, combien y en avait-il qui savaient que la Ronde vivait ses dernières heures ? Et, dans ces conditions, celles qui ont répondu à votre appel sont-elles en droit de poser des questions ?

    Il n'est pas sans signification que, vendredi soir, l'un des initiateurs se soit permis d'attribuer l'occupation de l'Hôtel de Ville à « une opération de la préfecture de police », propos que je puis attester, car j'étais présent sur les lieux et la personne qui a tenu ce propos m'est connue. Je n'ai pas souhaité intervenir, car je venais  seulement d'arriver ; je ne pouvais donc savoir qui étaient les occupants et je n'avais donc pas d'observation à formuler. Je n'ai pu m'entretenir avec des occupants qu'après leur expulsion, et encore très furtivement. J'ai seulement entendu quelqu'un tenir le propos suivant : « Ils sont en train de tout casser à l'intérieur », ce qui s'est révélé complètement faux, comme les autorités ont elles-mêmes reconnu. J'étais présent lorsque la Ronde s'est décalée de plusieurs dizaines de mètres dans le but affirmé de se désolidariser des occupants, et cela s'est fait sous les yeux de la police, ainsi que quelqu'un a fait judicieusement observer. Je pense que vous savez que cette prise de distance, aussi idéelle que spatiale, a soulevé une vive émotion parmi les participants et que nous possédons, sur ce point, trois témoignages d'agrégés au-dessus de tout soupçon (dont deux sont en poste dans votre Université), qui ont été publiés sur un site qui bénéficie d'une autorité considérable. Il ne s'agit donc pas d'une simple déclaration malheureuse qui aurait été détournée de son sens par les journalistes. Il y a bien une doctrine, semble-t-il, et il n'est pas moins manifeste qu'elle n'est pas partagée par tous les participants. Il est peu vraisemblable que, si j'étais arrivé plus tôt vendredi, j'eusse suivi ceux d'entre les participants qui ont pénétré dans l'Hôtel de Ville. Il demeure qu'il s'agissait de personnes qui avaient répondu à votre appel et dont certaines, nous dit-on, s'étaient fortement investies dans votre initiative. Dans ces conditions, peut-on demander que les discussions soulevées par leur action, peut-être intempestive ou malheureuse, mais néanmoins respectable puisque justifiée dans une déclaration politique rendue publique, aient lieu sur la place publique et non dans des réseaux réservés aux initiés ?

(Commentaire mis en ligne le mardi 5 mai 2009, à 21 h 47, heure de Paris)

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