giovanni di stefano et la question de l'antériorité d'Hermès sur MoÏse
in criticam Eugenio Garin et quorundam aliorum qui Africam Asiae postponunt
A l'occasion d'une récente discussion, nous eûmes l'occasion d'évoquer la référence hermétique dans la culture florentine des années 1460, qui inspira à Eugenio Garin la réflexion suivante :
« Mais il y eut également, dans les années 1480, la grande marqueterie de Giovanni di Stefano sur le pavement du Dôme de Sienne : une extraordinaire représentation qui consacre la résonance du travail ficinien et dont on ne peut oublier ce péremptoire Hermetis (sic) Mercurius Contemporaneus Moyse, clair avertissement pour qui voulait le considérer antérieur à Moïse et son inspirateur, comme le fit précisement plus tard Lazzarelli en faisant appel à l'autorité de Diodore de Sicile (« ante Mosis aetatem ut liquide (« liquido » (!) dans l'imprimé) ex Diodori libris colligi potest »). (Eugenio Garin, Hermetisme et Renaissance (1988), traduction française, Paris, 2001, p. 75).
Il nous semble, au contraire, que le document invoqué établit clairement cette antériorité d'Hermès à l'égard de Moïse et nous discernons, dans la remarque de Garin, la persistance des préjugés antikémites qui inspirent une bonne partie de l'historiographie occidentale. Examinons ce document, qui est donc une marqueterie du pavement de la cathédrale de Sienne, représentant Hermès Trismégiste et Moïse.

Voici les textes qu’on lit dans les trois médaillons, suivis de leur traduction. Dans la main d’Hermes :
deus omnium creator
secum deum fecit
visibilem et hunc
fecit primum et solum
quo oblectatus est et
valde amavit proprium
filium qui appellatur
sanctum verbum
traduction :
dieu de toutes choses le créateur
en même temps que lui engendra un dieu
visible et celui-ci
il engendra le premier et le seul
en qui il trouva son plaisir et
qu'il aima beaucoup comme son propre
fils qui s'appelle
le Verbe sacré
en-dessous, dans la vignette :
HERMIS MERCURIUS TRIMEGISTUS
CONTEMPORANEUS MOYSI
dans la main de Moïse :
susci
pite
<o>li
<c>te
ras
et le
ges
egip
tie
c'est-à-dire :
suscipite literas et leges egiptie
(an : egiptil ?)
traduction :
recevez les lettres et les lois de l'Egypte
Il s'ensuit clairement qu'aux yeux de l'auteur des vignettes, les Hébreux ont reçu leur littérature et leur législation des mains de leurs maîtres égyptiens.
oyseaulx |
21 h 22 |
Rubrique : études sçavantes
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Commentaires
Anthony
17/05/09 à 14:32
A quand ton prochaine article émoustillant ? Pour partager ton si sçavant sçavoir.
Dans l'attente de trinquer.
Anthony
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