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Lundi 02 Octobre 2006.

la conscience, une fatale connerie qui nous perdra un jour ?

à quoi bon la conscience du moment où elle ne sert à rien ?



    « Sur le « génie de l'espèce  ». Le problème de la conscience (plus exactement : du devenir-conscient-de-soi) ne se présente à nous qu'à partir du moment où nous commençons de comprendre à quel point nous pourrions nous passer d'une conscience ; et, commencer à comprendre cela, c'est ce que nous imposent, aujourd'hui, la physiologie et la zoologie (auxquelles, par conséquent, il aura fallu deux siècles pour rattraper le soupçon précurseur d'un Leibniz). C'est qu'il nous serait parfaitement possible de penser, de sentir, de vouloir, de nous souvenir, voire, il nous serait possible d' « agir » dans tous les sens du terme, sans que, néanmoins, rien de tout cela « accède » jamais « à la conscience » (comme l'on dit, d'une manière figurée). Il serait possible, tout simplement, de vivre, sans que cette vie se réfléchisse, aussitôt, dans un miroir : tout comme, aujourd'hui, la part, de loin, la plus essentielle de notre vie se déroule, toujours, de fait, sans, ainsi, se réfléchir, y compris, sans doute, cette vie qui consiste à penser, à sentir, à vouloir, cela dût-il offusquer quelque philosophe un peu passé. A quoi bon, dans ces conditions, une conscience, du moment que, pour l'essentiel, elle ne sert à rien ? Voilà : je crois, si l'on veut bien prêter l'oreille à la mienne réponse à cette question, ainsi qu'au soupçon, sans doute excessif, qui s'en nourrit, que la finesse et le degré de développement de la conscience sont toujours en rapport avec la faculté que possède un être humain, ou un animal, de se communiquer, comme cette faculté de se communiquer, à son tour, avec son besoin de se communiquer : sans entendre, par là, qu'un être humain dans sa singularité, passé maître, précisément, dans la communication et dans la formulation de ses besoins, dépende, simplement, du coup, d'autrui dans la satisfaction de ses besoins. Je crois qu'il en est bien ainsi, toutefois, lorsqu'il s'agit de races entières ou de successions entières de générations : chaque fois, en effet, que le besoin, la détresse, ont contraint les êtres humains, sur une longue période, à se communiquer les uns aux autres, à s'entendre les uns les autres avec rapidité et avec finesse, il se produit, en fin de compte, dans cette capacité et dans cet art de se communiquer, un excédent et, en même temps, une puissance qui, s'étant, petit à petit, accumulée, attend, désormais, un héritier qui le prodigue (de pareils héritiers, ce sont ce qu'on appelle les artistes, tout comme les orateurs, les prédicateurs, les écrivains, toute cette engeance qui se retrouve, régulièrement, au point d'aboutissement d'une longue chaîne, toujours « tard venue », au meilleur sens du terme, et, comme nous disions, essentiellement prodigue). En supposant exacte cette dernière observation, je puis aller jusqu'au soupçon que la conscience ne s'est jamais développée que sous la pression du besoin de se communiquer, qu'elle n'a été requise, qu'elle n'avait d'intérêt, dès l'origine, qu'au sein des relations qu'un être humain entretient avec un autre et, particulièrement, des relations que quelqu'un qui commande entretient avec quelqu'un qui obéit, voire, qu'elle n'a pu se développer qu'en rapport avec le degré d'intensité que présentait cet intérêt. Une conscience n'est rien d'autre, en somme, qu'un réseau de relations qu'un être humain entretient avec un autre, c'est à ce titre, seulement, qu'elle a été amenée à se développer : l'être humain anachorète ou prédateur n'en eût éprouvé nul besoin. Que nos actions, pensées, sentiments ou émotions se présentent, en personne, à la conscience, ne serait-ce que pour une part d'entre eux, c'est, là, ce qui résulte d'un « il faut » qui s'est imposé à l'être humain sur une durée qu'on a du mal à imaginer. Etre menacé entre tous, il lui fallait secours et protection, il lui fallait son semblable, il était obligé d'exprimer sa détresse, obligé de savoir se faire entendre, et, à cette fin, avait besoin, pour commencer, d'une « conscience », de « savoir » lui-même, donc, ce qui lui manque, comment il se sent, bref, de « savoir » ce qu'il pense. Car, encore une fois, l'être humain, comme n'importe quelle créature vivante, pense sans cesse, mais sans le savoir ; ce qui, dans la pensée, devient conscient, n'en est qu'une part infime, soit, la part la plus superficielle, la plus vile ; car, seule, cette pensée consciente se fait en paroles, savoir, dans des signes permettant de se communiquer les uns aux autres, fait qui découvre, du coup, l'origine de la conscience. Bref, le développement du langage et le développement de la conscience (non de la raison, mais du devenir conscient de soi de cette raison) ne peuvent se séparer l'un de l'autre. On peut ajouter qu'il n'y a pas que le langage qui établisse un pont entre un être humain et un autre, mais encore le regard, le toucher, le geste ; la conscience que nous avons de nos impressions sensorielles, la capacité que nous avons de les fixer, tout en les objectivant, se sont accrues dans la même proportion où s'est accusée l'exigence de les transmettre à d'autres êtres par l'intermédiaire de signes. L'être humain qui forge des signes est, du coup, l'être humain qui a une conscience toujours plus aiguë de lui-même ; c'est en tant qu'animal social que l'être humain apprit, tout d'abord, à devenir conscient de lui-même, et c'est bien ce qui se passe de nos jours encore, et de plus en plus. On voit : je pense que la conscience ne fait pas partie, originellement, de l'existence individuelle de l'être humain, mais, plutôt, de ce qui, chez lui, est instinct communautaire et grégaire ; que, par suite, elle n'a pu acquérir son acuité qu'en rapport avec l'intérêt qu'elle présente sur le plan communautaire et grégaire, et que chacun de nous, avec la meilleure volonté du monde de se comprendre lui-même sur un mode aussi individuel que possible, de « se connaître soi-même », ne saurait jamais parvenir à faire accéder à la conscience, précisément, que ce qu'il a, en lui, de non-individuel, ce qui correspond, chez lui, à la « moyenne » ; que notre pensée, en se qualifiant comme consciente, se trouve toujours, aussitôt, ravalée, du fait du « génie de l'espèce » qui prédomine au sein de cette qualité, au point de vue de la majorité et retraduite dans une perspective grégaire. Les actions auxquelles nous nous livrons présentent, toutes, en leur fond, un caractère qui les rend personnelles, uniques, infiniment individuelles d'une manière incomparable, c'est une chose qui ne fait aucun doute ; aussitôt que nous les traduisons en conscience, pourtant, cela n'y paraît plus... Tels sont le véritable phénoménisme et perspectivisme, comme je les entends, moi : la nature même de la conscience animale emporte qu'un monde tel que nous pouvons en devenir conscients n'est qu'un monde de surfaces et de signes, un monde généralisé, vulgarisé, que tout ce qui devient conscient, devient, du coup, plat, grêle, plus ou moins con, général, un monde de signes, de traces grégaires, que rien ne saurait devenir conscient sans, fondamentalement, dégénerer, sans se fausser, s'aplatir, se généraliser. L'accroissement de la conscience finit par représenter un danger ; si l'on vit parmi les Européens les plus conscients, on n'est pas sans savoir qu'il s'agit d'une maladie. On a deviné que je n'ai rien à faire de l'opposition du sujet et de l'objet, distinction que j'abandonne aux théoriciens de la connaissance, eux qui se sont laissé prendre dans les rets de la grammaire (de la métaphysique vulgaire). Encore moins s'agit-il de l'opposition de la chose en soi et du phénomène, car nous sommes loin de « connaître » assez de choses pour pouvoir, tout simplement, faire pareille distinction. Nous ne disposons même pas d'un organe nous permettant de connaître, d'un organe pour la « vérité » : nous « savons» (ou « croyons », ou « imaginons ») des choses dans l'exacte limite où elles présentent une utilité dans l'intérêt de la masse des êtres humains et de l'espèce humaine ; et, même, ce qui se qualifie, ici, comme utile n'est lui-même, en fin de compte qu'une croyance, une illusion, voire, peut-être, cette fatale connerie qui nous perdra un jour. »

                                                                                                                             traduction inédite.

oyseaulx | 19 h 37 | Rubrique : études sçavantes | Lu 934 fois

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Commentaires

Lien croisé

Anonyme

17/10/06 à 00:02



Réponse au commentaire de Mr OyseaulX d'aujourd'hui, par des étudiants en philosophie de l'Université paris 8.

Mr le plus sçavant des OyseaulX, vous êtes gonflé ou quoi (autuant lui retourner sa propre critique). Ce que vous touverez dans notre lexique de termes peu abordables parce qu’ils nécessitent un effort pour être compris. Ces mots, ces concepts s’adressent à peu de gens du fait même que l’effort pour les comprendre affranchit, libère de beaucoup de choses. C'est sans prétention, tu peux rester toute ta vie sans faire d'effort, on appelle cela le nihilisme. Ces mots regroupés dans le lexique de notre site ne s’adressent pas à tout un chacun sinon nous aurions écrit un chat = un chat, et ça nous avancerrait à rien. Ce sont les définitions des mots les moins courants que l’on peut rencontrer sur notre site, peut-être de les avoir sortis de leur contexte et les avoir rassembler ici ne sert à rien. Mais pour comprendre l’usage que nous en faisons, ou même que d’autres auteurs en font, il faut cliquer sur le lien, ainsi vous aurez Mr Oyseault un contexte voire des exemples plus parlants. L’usage que l’on peut faire d’un concept est peut-être trop résumé dans ce lexique. Nous parlons de notions simples en fait, mais elles sont très peu employés, on ne va pas parler de monde, de moi, de Un, on se doit de critiquer la Substance, le virtuel, les abstractions tout ce langage décharnés qui part souvent d’illusions qui témoignent de notre petitesse d’homme. C’est bien ce que vous faites en critique la conscience que l’on peut avoir de soi ou du moment. Ca me fait penser à ces étudiants de la Sorbonne qui parce qu’ils sont oisifs pensent avoir conscience des choses, être plus éveillés, alors que les travailleurs sont pris dans leur propre production dont il se sorte avec plus ou moins de mérite, la conscience c’est précisément quand par peur du danger on arrête un processus.

En tout cas, il y a peu de mots grecs (stasis renvoie tout de suite à stabilité ou à état), les mots les plus incompréhensibles (nous les avons repris à Castoriadis) sont pour l’instant homonomie, hétéronomie, autonomie. Nous avons essayez d’en trouver d’autres mais les trois réunis montre bien que l’on fonctionne dans tel ou tel régime de pensée ou de vie. Moi aussi je suis un illettré et un inculte à la base à vous de faire l’effort pour comprendre, on ne va pas vous tendre, puisque conduire à l’effort c’est l’optique même de ce site. Histoire de se répéter, l’homonomie c’est l’idéal ascétique, l’abstraction qui pose un monde intelligible pour tout platonicien, ou une structure qui sous-tend la réalité comme pour le linguiste Saussure. On ajoute quelque chose d’abstrait à la réalité, on y superpose un néant, un vide. Quant à l’hétéronomie c’est le faire d’être soumis à un autre, c’est donc une hiérarchie qui au final mène à Dieu, au Père, l’Etat, aux lois contraignantes.

Peut-être le malentendu vient-il de ce que nous lexique pour être compris de notre aimable lecteur (souvent critique à en lire les commentaires). Si nous avions fait un lexique sur Spinoza ce serait tout aussi incompréhensible de prime abord, le reproche d’être peut pédagogique ou didactique serait honnête. Mais l’honnêteté veut aussi que l’on peut être capable par exemple de différente chose, de manière autonome, de manière restreinte pour celui qui croit en un monde intelligible, ou de manière hiérarchique pour celui qui s’appuie sur un pouvoir. Mais on va tout de même faire attention à votre commentaire et déplacer certaines définitions de concepts abstraits à la Badiou. Ceci était juste pour indiquer qu’on pouvait avoir différents points de vue sur le même terme. Mais ce dont nous parlons est très concret, à la fois proches des faits tout en s’en libérant en montrant quelque cohse de plus large. Nous insistons en fait sur des processus, des conditionnements des habitudes de pensée qui sont très peu aperçu par tout un chacun. Et c’est ainsi qu’on peut libérer la pensée des entraves du langage et que par là on peut libérer . Ce que je dis, on le retrouve chez Heidegger, quand à la fin de sa vie il cherche à préparer une pensée autre que la métaphysique (amoindrissant ainsi l’importance qu’il donne à Etre et Temps, on ouvrage majeur et très métaphysique) : J’ai fait une distinction entre philosophie c'est-à-dire la métaphysique, et la pensée telle que je l'entends. Cette pensée est, fondamentalement, quant à la chose même, beaucoup plus simple que la philosophie, mais, en conséquence, beaucoup plus difficile à accomplir, et elle exige un nouveau soin apporté au langage, et non une invention de termes nouveaux, comme je l'avais pensé jadis; bien plutôt un retour à la teneur originale de la langue qui nous est propre mais qui est en proie à un dépérissement continuel.

PS : notez, Mr Oyseault que Mr Badiou donne très peu de définitions puisqu’il part d’hypothèses abstraites (vérités ou axiome) auxquelles il associe des opinions autoritaires selon les circonstances. En posant peu de définitions il se distingue de Spinoza dont la pensée était aussi axiomatique (faite d’hypothèses comme en mathématique) : Spinoza pose en plus des axiomes des définition du style : « j’appelle substance… ».

Re: Lien croisé

oyseaulx

17/10/06 à 15:29


    Je suis très sensible à la peine que vous avez prise de répondre d'une façon aussi développée à la remarque que j'avais faite sur votre lexique ; le texte de Heidegger que vous citez me semble aller plutôt dans le sens de ma remarque ; en tout cas, j'y souscris pleinement, à l'exception de la dernière phrase, car je crains qu'elle ne nous entraîne dans des directions qui me paraissent douteuses.

    Cependant, certaines remarques s'imposent.

    1° Le texte sur la critique de la conscience auquel vous renvoyez sur mon site n'est pas de moi ; il était précisé qu'il s'agissait d'une « traduction inédite », à savoir de l'aphorisme 354 du Gai Savoir ; on peut évidemment apprécier comme on veut ma façon de ne pas citer le nom d'un auteur lorsqu'il me paraît suffisamment connu pour être identifié (lorsqu'il s'agit de sources peu connues, je suis, au contraire, d'une précision maniaque) ;

    2° Les définitions que vous donnez de l'autonomie et de l'hétéronomie sont des plus classiques, puisque ce sont celles de la Critique de la Raison pratique et des Fondements de la Métaphysique des mœurs. Je n'ai donc aucune difficulté de vous suivre dans l'interprétation que vous donnez de ces notions, mais je pense qu'on pourrait critiquer ces dernières (et non l'interprétation que vous en donnez). C'est ce que j'ai commencé de faire dans mon article « Contribution à une critique des savoirs supposés » (repris, notamment, par Indymedia), où je vois, dans la prétendue autonomie kantienne (dont le terme n'apparaît pas), une intériorisation de la loi (je pense que ce point ne souffre pas de difficulté) et, par conséquent, une manipulation (ce point est moins traditionnel). La notion d'autonomie s'en trouve, évidemment, problématisée.

    3° La définition que vous donnez de la stasis prête à discussion, car, si le mot a effectivement le sens que vous lui donnez dans les textes platoniciens (encore qu'il faudrait nuancer en précisant qu'il désigne, dans le Timée, l'aboutissement (purement hypothétique) d'une histoire cosmologique à l'issue de laquelle le mouvement finit par s'arrêter, un peu comme avec le second principe de la dynamique ; voir la Physique de Platon de Charles Mugler), il signifie, au contraire, sédition chez Thucydide et c'est le sens qu'il a neuf fois sur dix chez cet auteur, sens qui n'était évidemment pas inconnu de Nietzsche.

    4° Un souvenir personnel : Deleuze disait un jour à ses disciples (et oui) qu'en philosophie on devrait s'exprimer comme tout le monde « et que s'il était permis de critiquer quelqu'un d'aussi admirable que Klossowski, ce serait sur ce point ».

    5° Badiou n'est sans doute pas la pire pute de l'heure, mais quand vous définissez, sans autre précaution, la subjectivité comme étant la capacité restreinte, vous abusez de la bonne foi du lecteur qui ne peut pas deviner que cette acception traîne avec elle tout un ensemble de présupposés que vous lui faites avaler sans qu'il se rende compte et, là, je trouve que ça ne va pas. D'où ma réaction, peut-être insuffisamment réfléchie.

Re: Lien croisé

leblase

22/12/06 à 15:05

Anonyme,
Je crois comprendre que vous êtes en relation avec la facture d'un lexique.
Puis-je me permettre d'exprimer mon souhait que cet opus soit rédigé en tenant mieux compte de l'orthographe et de la grammaire qu'il n'en a été dans votre commentaire, par ailleurs fort intéressant pour ceux qui n'ont aucun orteil coincé entre Heidegger, Belkhacem, Sloterdijk et Badiou?
Mais au moins, on a l'air de rigoler sur ce site.

P.S. Peut-être faut-il attribuer les fautes que j'évoquais à l'énervement que vous causerait l'orgie de virgules à laquelle se livre nôtre hôte?
Ceci dit en toute mauvaise foi.

Réponse au blasé sur les virgules

oyseaulx

22/12/06 à 20:46


Est-ce que ça va mieulx ainsi :



 Telle est cependant la puissance de cette vieille compulsion à se figurer des fins à tout devenir tout comme au monde un Dieu Créateur pour le conduire que le penseur a du mal à ne pas se figurer cette absence de fin à son tour comme le résultat d'une intention l'idée suivant laquelle le monde écarte intentionnellement une telle fin voire élude l'instauration d'un cycle sera immanquablement le recours de tous ceux qui voudraient lui suggérer la faculté d'une incessante nouveauté ce qui revient à attribuer à une énergie finie déterminée se conservant toujours en quantité constante tel le monde la faculté miraculeuse d'un incessant renouvellement dans ses formes et dans ses dispositions à défaut de s'identifier à Dieu le monde n'en serait pas moins doué d'une puissance créatrice proprement divine et d'une puissance de métamorphose infinie spontanément il répugnerait à récupérer telle de ses dispositions précédentes et on lui reconnaît ainsi non seulement l'intention mais encore les moyens de se garder de toute répétition à tout instant le moindre de ses mouvements serait contrôlé en vue d'une absence de buts de fins et de répétitions et tout ce qui peut s'ensuivre d'une manière aussi impardonnablement débile de penser et de vouloir c'est toujours l'ancienne manière religieuse de penser et de sentir une sorte de nostalgie qui fait croire le monde pareil en quelque secrète manière à la chère vieille divinité créatrice-et-infinie qu'en quelque façon le vieux Dieu est encore vivant nostalgie de Spinoza que traduit la formule deus sive natura qu'il ressentit du reste comme un natura sive deus ?

Re: Réponse au blasé sur les virgules

leblase

22/12/06 à 22:10

Oiseau,
leblase, ne comportant aucun accent, n'est en rien référent à blasé, mais à blason.
leblase est un nom.
Etre blasé serait aussi triste que de relire trois fois sans respirer l'Autobiographie de tout le monde dont Gertrude Stein a sans doute inspiré cette soudaine (et radicale) absence de ponctuation dans votre réponse, que j'apprécie pour ce qu'elle semble être: à la fois un rire et un soupir.
Vous allez me trouver un peu court, et vous auriez raison si je m'en tenais à la forme seule comme base de réponse.
Dieu me semble bien vieux, et ce sont les hommes, principalement, qui l'ont accablé d'inertie: sa seule chance est bien en effet dans votre analogie qui me fait penser aux amants courant perpétuellement l'un après l'autre dans la porte tournante du Waldorf. Dieu vint-il avant la poule ou l'Homme après l'oeuf? Si Leibnitz avait connu Censier, peut-être Marie Curie aurait-elle eu l'opportunité de faire mieux qu'appliquer du Latin sur des petites choses aussi ondulantes que nos raisons d'être, radium césium polonium et autres ia?

Réponse au blase sur les accents

oyseaulx

22/12/06 à 23:08

 
      Soit pour  blason. De même, m'accordez qu'oyseaulx n'est point oiseau et comporte signification cachée à letres que receut Pantagruel, estant à Paris, de son père Gargantua en la manière que s'ensuyt :

    Quant à la congnoissance des faictz de nature, je veulx que tu te y adonne curieusement : qu'il n'y ait mer, rivière ny fontaine, dont tu ne congnoisse les poissons, tous les oyseaulx de l'air, tous les arbres, arbustes et fructices des forestz, toutes les herbes de la terre, tous les métaulx cachez au ventre des abysmes, les pierreries de tout Orient et Midy, rien ne te soit incongneu.

P. S. z'avez compris que texte cité sans ponctuation n'est pas de moy ?


Lien croisé

Anonyme

24/03/08 à 21:06

REPONSE A OYSEAULX / Pourquoi un lexique en apparence si badiolien ? - Les deven : "la conscience que l’on peut avoir de soi ou du moment. Ca me fait penser"

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