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études sçavantes

Réponses aux objections

Mardi 09 Novembre 2010.

Petit lexique à l'usage de ceux ou celles qui prétendent continuer à vivre malgré les menaces que fait peser sur leur existence l'obscurantisme ambiant, et composé à leur intention par quelque sçavant oyseaul

précédée d'une lettre de l'auteur, relative au génie de la langue chinoise et révélant les noirs desseins des impérialistes pour tromper le peuple



Salut Oyseaulx !

J'espère que tu vas bien depuis l'autre jour. Je t'envoie ce beau diaporama, c'est un dépaysement dans la couleur absolument magnifique.
Lexiaguo pourrait s’écrire 乐下国 en caractères simplifiés, ou 樂下國 en caractères traditionnels, et signifier « le pays (qui est placé) sous les bonheurs », ou « les bonheurs (qui descendent) sur le(s) pays » ; il n'y a aucune différence entre les deux sens du point de vue de la grammaire du chinois. A savoir que 乐, ou 樂, se prononce le et signifie le bonheur. Comme on voit dans la rue des petits champs, à Paris, où un restaurant porte le nom de 百樂, graphie qui laisse penser que ses propriétaires ont quitté leur pays avant 1958 ou viennent de Taiwan ou de la diaspora, et signifie les cent bonheurs. Ensuite, que 下, xia, signifie descendre, c’est ainsi que il pleut se dit 下雨 xia yu, et il neige 下雪 xia xue. Notez, au passage, que le caractère雪 xue, la neige, renferme le caractère 雨 yu, la pluie, la graphie rendant ainsi sensible le lien logique entre ces deux représentations, ce que nos langues ne sauraient faire. Quant au caractère 下 xia, il s’emploie indifféremment comme verbe, au sens de descendre, aussi bien transitivement qu’intransitivement, et comme préposition, au sens de en-dessous de, à ceci près que la différence de ces deux emplois sera néanmoins rendue sensible, en chinois, par la place qu’il occupe par rapport à son régime ; ainsi 下梯 xia ti voudra dire descendre l’escalier, mais 梯下 ti xia, sous l’escalier (dans la langue actuelle, on dira plus correctement 梯下边 ti xiabian, ou encore 梯下面 ti xiamian,  voire 梯的下边 ti de xiabian et 梯的下面 ti de xiamian, qui paraissent plus corrects ; je ne suis du reste pas certain qu’on puisse employer 梯 ti ainsi tout seul au sens d’escalier dans la langue actuelle et s’il ne faut pas lui ajouter un autre caractère). Par où voyez que n’existe, dans la langue, nulle différence nécessaire entre verbes et prépositions et que dicte différence est pure imagination feinte par impérialistes pour tromper le peuple. Enfin que 国 (graphie traditionnelle 國 qui renferme la clef de la hallebarde 戈 ge) guo signifie le pays. Savez que yunnan s’escript 云南 et signifie le Sud 南, nan, des nuages, 云 yun. Par où voyez que n’existe nulle distinction de nombre singulier ou pluriel, qui est autre invention de professeurs jésuites de rhétorique galante et fallacieuse par où cherchent prendre oyseaulx dans rets du cygnifiant.

Je suis actuellement dans un projet pictural, en souhaitant que je vendrais mes tableaux. Soit on escript en langue sçavante, soit l’on respecte l’emploi des modes propre à la langue vulgaire.

Peux tu m'écrire comment on écrit : LA VIE en arabe  et en chinois, de façon à ce que je puisse reproduire tes caractères. Merci beaucoup pour ta coopération.

La vie se dit exactement comme le verbe vivre 活, huo. A quoi doit probablement s’ajouter en l’occurrence le caractère 着 zhe, graphie traditionnelle 著, comme marque du duratif. Voyez par là que n’existe nulle différence entre nom et verbe, qui est simple fiction grammaticale des ennemis du peuple à fins que vous laisse deviner. Sur tous ces poincts, voyez la sçavante dissertation qu’avons composée à votre intention et que trouverez en annexe. Examinerons cas de arabe en autre occasion. Pas sûr que bonne idée mélanger arabe à chinois.
    Savez que M. Polotski se trouve banni des bibliographies savantes pour avoir soutenu que propositions indépendantes n’existent pas en égyptien ? Ce qui ébranla fondements de linguistique anglo-saxonne ?

Dissertation jointe aux présentes.

Petit lexique à l'usage de ceux ou celles qui prétendent continuer à vivre malgré les menaces que fait peser sur leur existence l'obscurantisme ambiant, et composé à leur intention par quelque sçavant oyseaul

活              huo, deuxième ton, vie ; graphiquement, ce caractère est celui de la langue (舌, she, deuxième ton), affecté de la clef de l'eau, 水, shui, troisième ton.

活着   huozhe (zhe atone), être en vie, (continuer à) vivre (titre d'un film) ; noter que zhe 着, dont le caractère traditionnel est 著, est, ici, la marque du duratif, ou, selon la linguistique inféodée à l'impérialisme nippon, un suffixe duratif, mais, selon le collectif des oyseaulx sçavans, il n'y a pas de suffixes en chinois, car le chinois n'est pas, comme le japonais ou le turc, une langue agglutinante ; zhe est donc un mot comme un autre, mais c'est un mot grammatical, dont la fonction est structurelle, non sémantique, comme diraient le regretté Abel Rémusat et le non moins regretté Wilhelm von Humboldt, ainsi qu'on voit dans leur correspondance, et oui, les oyseaulx connaissent tout ;

云              yun, deuxième ton, nuage ;
南              nan, deuxième ton, sud ;

云南         yunnan, le Sud nuageux (nom de l'une des dix-huit provinces de l'ancienne Chine ; elle a conservé son nom dans la Chine actuelle) ;

乐              le, atone (?), plaisir, bonheur ; ce caractère se prononce aussi yue, quatrième ton, dans des combinaisons différentes ;

下             xia, quatrième ton, en-dessous (en ce sens, ne peut s'employer seul en langue moderne ; il faut dire xiabian 下边, ou xiamian 下面), descendre ; de notre point de vue occidental, il sera considéré comme un verbe lorsqu'il est placé devant son régime, et comme une préposition lorsqu'il est placé après) ;

国                  guo, deuxième ton, pays ;

乐下国          lexiaguo, « le pays (qui est placé) sous les bonheurs », ou « les bonheurs (qui descendent) sur le(s) pays » ; il n'y a aucune différence entre les deux sens du point de vue de la grammaire du chinois (!) ;

樂下國          lexiaguo, cette fois, en caractères traditionnels;

百樂            baile (?), « les cents bonheurs » (ou : « les cent saveurs », « les cent parfums », mais il y aurait d'autres mots possibles pour exprimer cela, par exemple 味, wei, saveur) ;

快乐              kuaile, joyeux, agréable, « convivial » ;

快樂              kuaile, en caractères traditionnels.

oyseaulx | 00 h 21 | Rubrique : études sçavantes | Lu 3023 fois

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Commentaires

Yep

Anthony

17/11/10 à 23:13

J'ai fait un petit lien vers cet artcile :)

Anthony

12/12/10 à 19:51

Pourquoi à notre époque ne pas parler de Régions : comme la régions France, la région Espagne, etc...
Pour preuve cet article : http://eng.anarchopedia.org/Anarchism_in_Spain avec la Spanish Regional Federation
Je n'invente rien ;)

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