postface du traducteur au premier livre de la physique
postface
Arché, en grec, signifie commencement, origine,
principe, que nous avons qualifié de primordial dans notre traduction,
façon de rendre présent le souvenir de Lucrèce, dont le premier chant
du de natura rerum est comme une réponse aux raisons qui furent
avancées ici [1]. Au commencement, donc, était la
sagesse. Puis, vint la philosophie, qui se dit amour de la sagesse.
Comme tout Eros, l’Eros philosophique est Eros de quelque chose, non de
rien [2]. Eros est désir de ce dont il est l’Eros [3]. Ce qui désire,
désire ce dont il manque [4]. On ne saurait manquer de ce qu’on est [5].
L’Eros est ce désir de ce dont on manque [6]. Eros est Eros de quelque
chose, et il est Eros de ce dont on manque, telle est la double
conclusion du bref épisode dialectique où s’engagent Agathon et
Socrate, à l’issue de l’Eloge de l’Eros prononcé par Agathon [7]. Et,
plus loin, Diotime reprend cette affirmation du manque : « Tu es donc
d’accord que c’est parce qu’il manque de ce qui est noble et beau
qu’Eros désire cela même dont il manque. »[8]. En sa qualité de fils de
Pénia [9], Eros est toujours affublé de son manque [10]. S’il est
philo-sophe et amoureux de la sagesse, c’est donc parce qu’il ne
possède pas la sagesse ; celui qui la possède, ne la recherche pas et
n’est pas philosophe [11]. Tel est le rapport entre Eros et
philosophie [12]. L’erreur serait de confondre l’amour avec son objet,
comme faisait Socrate, aux dires de Diotime, et Agathon après lui [13].
En l’occurrence, l’erreur consisterait à confondre la philosophie avec
la sagesse, dont elle n’est que l’Eros. L’Eros n’est qu’atteinte, d’un
objet, sans doute, inaccessible. Inaccessible, parce qu’il était au
commencement. Et qu’un commencement ne saurait recommencer sans cesser
d’être commencement. Tel est le paradoxe d’Eros, d’avoir pour objet ce
qui n’arrête pas de ne pas recommencer. Cet objet qui n’arrête pas de
ne pas recommencer, telle est la sagesse, l’objet du désir du
philosophe. Tel est, aussi, le paradoxe du texte que nous présentons :
d’être l’impossible recommencement de ce qui n’arrête pas de ne pas
recommencer et qui est la sagesse. Au commencement, donc, était la
sagesse. Et la sagesse était expérience. L’expérience était accompagnée
de sensation, dans le corps, et d’émotion, dans l’âme. Parmi les
sensations qui affectent le corps, il y en a toujours qui s’effacent, à
l’intérieur même du corps, avant de parvenir à l’âme, sans y laisser la
moindre trace, et d’autres qui les traversent tous les deux en y
provoquant une sorte d’ébranlement caractéristique, commun au corps et
à l’âme [14]. Celles qui ne les traversent pas tous les deux, l’âme ne
s’en aperçoit pas ; elle aperçoit seulement celles qui parviennent
jusqu’à elle [15]. Cet inconscient, il ne faut pas l’entendre au sens où
il se produirait un oubli. Car on oublie ce qui vous sort de la
mémoire, tandis que ce dont il s’agit, ici, n’y était pas encore
parvenu [16]. Il ne saurait y avoir d’oubli de ce qui n’est jamais entré
dans la mémoire : « Il est paradoxal de dire qu’il se produit une perte
de ce qui n’est, ni n’a jamais été. »[17]. Quand, une émotion qu’elle a
jadis vécue, en compagnie du corps, l’âme se met à la reprendre, sans
le corps, à elle toute seule, autant qu’elle peut, c’est là qu’on dit,
peut-être, qu’elle remémore [18]. Et quand, ayant perdu la trace d’une
sensation, mais, peut-être, aussi d’une instruction passées, elle
tourne et retourne, sans cesse, cette trace, toute seule, on pourrait
parler de souvenirs [19]. Mais lorsqu’on est en manque pour la première
fois, y a-t-il moyen de se représenter ce dont on n’a, ni, l’expérience
présente, ni, l’expérience passée [20] ? C’est donc une trace qui pousse
le désir vers son objet [21]. C’est de telles traces qu’est tissé le
texte qu’on vient de lire. On s’est demandé s’il fallait reconnaître au
Livre premier de la Physique le statut d’un texte historique ou d’un
texte théorique, et l’on considère, généralement, qu’il est composé
d’une partie historique, qui comprendrait les quatre premiers
chapitres, et d’une partie théorique, qui comprendrait les cinq
chapitres suivants [22]. Il convient, toutefois, de faire observer, dans
ce cas, que le premier des trois paragraphes en lesquels Ross décompose
(d’une manière fort légitime, selon nous) le chapitre 5 est consacré à
l’examen de la doctrine de Démocrite, et que c’est donc à la fin de ce
paragraphe, en 188 a 30 (et non en 188 a 19), que devrait alors se
situer la suture entre la partie historique et la partie théorique du
Livre premier, ce qui remet en cause, du coup, la division du Livre en
chapitres qui paraît pourtant fort ancienne. En examinant le plan
qu’annoncent les premières lignes du chapitre 2, on obtient une
division de la matière de l’exposé qui paraît, pourtant, assez claire.
Il y a, d’abord, l’opposition entre les doctrines monistes et les
doctrines pluralistes. Les premières sont de deux ordres différents et
l’on pourrait y discerner les prémices de ce que des époques plus
récentes appelleront l’opposition de l’idéalisme et du réalisme. Au
monisme immobiliste des Eléates, sous sa double version infinitiste
(Mélissos) et finitiste (Parménide), s’oppose un monisme mobiliste,
qu’on serait tenté d’appeler physicaliste [23], celui des Ioniens, où
l’on reconnaît des allusions précises à Anaximène et à Thalès [24], à
Héraclite [25], ou des allusions discutées à Anaximandre, à Diogène
d’Apollonie ou à Idaios d’Himère [26]. Le monisme des Eléates peut être
dit idéaliste au sens où il soumet ce que doivent être les choses aux
exigences de la pensée et du concept, comme Nietzsche l’a bien
souligné [27]. Le chapitre 2 fait état, ensuite, de doctrines
pluralistes [28], les unes, finitistes, les autres infinitistes [29]. De
fait, l’ordre de l’exposition que suivent les premiers chapitres du
Livre premier est parfaitement conforme au plan qui est, ici, annoncé,
à quelques nuances près. L’examen des doctrines monistes occupe les
chapitres 2 et 3, et, s’il est vrai que le développement du chapitre 2
fait double emploi avec celui du chapitre 3, on peut considérer,
néanmoins, que celui du chapitre 2, avec son double point de vue, ex
parte entis [30], et ex parte unius [31], est plus dialectique, tandis
que celui du chapitre 3, avec de nombreuses citations et des références
plus précises aux textes, a un caractère historique plus prononcé. On
relève aussi que le double développement du chapitre 3 consacré, l’un,
à Mélissos [32], l’autre, à Parménide [33] et à Zénon d’Elée [34], épouse
étroitement la distinction opérée, précédemment, bien qu’à propos de
doctrines pluralistes, entre doctrines infinitistes et doctrines
finitistes [35]. Il s’instaure, ainsi, un certain parallélisme dans le
traitement des doctrines monistes et des doctrines pluralistes. Avec le
chapitre 4, il semble qu’on s’engage dans l’examen des doctrines
monistes et physicalistes, mais, si elles sont évoquées, assez
rapidement, au début du chapitre [36], la suite du chapitre, après une
allusion, quasiment furtive, à Anaximandre [37] et une très brève
mention d’Empédocle [38], est entièrement consacrée à Anaxagore, donc à
une doctrine, non seulement pluraliste, mais, encore, infinitiste [39].
Il semble donc que le plan annoncé au chapitre 2 soit abandonné,
puisque, d’après ce dernier, l’examen des doctrines pluralistes
infinitistes devait se faire après celui des doctrines pluralistes
finitistes que devait précéder, à son tour, l’examen des doctrines
monistes physicalistes [40]. Bien plus, non seulement, l’examen de
l’infinitisme se substitue à ceux des Ioniens et d’Empédocle qui
devaient le précéder, mais, à l’intérieur même de cet examen inattendu,
l’ordre dans lequel sont examinées les doctrines est l’inverse de celui
qui était annoncé, puisque l’examen de la doctrine d’Anaxagore précède
le passage, assez bref, qu’on interprète, traditionnellement, comme
correspondant à l’examen de la doctrine de Démocrite, savoir le premier
paragraphe (Ross) du chapitre 5 [41]. Et puisque toute la suite du Livre
premier est, traditionnellement, interprétée comme ayant un caractère
théorique, et non historique [42], le lecteur qui s’inscrit dans cette
tradition qui interprète le Livre premier comme la juxtaposition d’un
texte historique et d’un texte théorique dont la suture se ferait au
milieu [43] du chapitre 5, est conduit, naturellement, à se poser la
question : mais où est donc passé l’examen consacré aux Ioniens et à
Empédocle ? Il est clair qu’il faut changer de type de lecture et la
référence qui est faite à Démocrite, au début du chapitre 5, peut, à
cet égard, avoir une valeur d’indice. Si l’ordre dans lequel sont
examinés Anaxagore et Démocrite, au cours des chapitres 4 et 5, est
l’inverse de celui qu’annonçait le chapitre 2, il se pourrait que, de
même qu’à l’intérieur de l’ensemble que constituent les chapitres 4 et
5, Démocrite vient à la suite d’Anaxagore, alors qu’il devait le
précéder, de même l’examen d’Empédocle et des Ioniens vienne à la suite
de l’examen de Démocrite. Dans ces conditions, il faut considérer que
le chapitre 5 est consacré à Démocrite dans son entier, et que le
chapitre 6 porte sur Empédocle, ou, d’une façon plus générale, sur les
auteurs qui ont vu, dans les contraires (l’amour et la haine, chez
Empédocle), les principes primordiaux qui président à la naissance et à
la mort de ce qui est sur le mode d’un être naturel. Le chapitre 6, sur
« les contraires », comme on dit traditionnellement, serait donc, en
réalité, le développement de l’étude, indissociablement historique et
théorique, portant sur le « pluralisme finitiste », étude
qu’annonçaient, sans la développer, les quelques lignes consacrées à
Anaximandre et à Empédocle, au début du chapitre 4 [44], après celles,
encore plus allusives, du chapitre 2 [45]. Mais alors il faut considérer
aussi que l’examen du monisme physicaliste, qu’annonçaient,
parallèlement, le chapitre 4 [46] et le chapitre 2 [47], doit suivre, en
bonne logique, l’examen de la doctrine pluraliste des contraires. Et la
voici, en effet, cette doctrine des Ioniens, vers la fin du chapitre
6 [48], en des termes dont nous avons souligné quels étranges rapports
ils paraissaient nouer avec ceux du chapitre 4 [49]. Et lorsque
s’amorce, dans le cours du chapitre 6, la formulation de la doctrine,
généralement considérée comme authentiquement aristotélicienne, de la
nature sous-jacente [50] qui sert de sujet aux attributs contraires,
elle est immédiatement inscrite, par la lettre même du texte, dans une
relation d’étroite dépendance à l’égard de celle des Ioniens [51]. Dira-t-on
qu’ainsi l’antique sagesse a été sauvée et récupérée l’expérience
primordiale dont le Livre premier recueille le souvenir ? Non pas, car
cette récupération s’opère seulement grâce au subterfuge qui fait de la
nature sous-jacente un sujet de l’attribution. Il est significatif que
l’élaboration de la doctrine aristotélicienne du devenir prenne son
point de départ dans une analyse de la façon dont nous l’exprimons [52].
Si le devenir est impensable, comme ont bien vu les Eléates, il n’en
demeure pas moins, aux yeux de l’auteur, qu’il est exprimable dans les
termes du langage qui peut offrir, ainsi, à la pensée, une image
oblique du devenir. Mais le prix à payer est très lourd, car cette
réduction de la nature à un sujet de l’attribution ne signifie rien
moins qu’une rature oblitératrice de toute expérience immédiate du
devenir, au bénéfice de son reflet dans le langage, où elle s’exprime,
sur un mode seulement oblique, dans le tissu incessant de termes qui se
disent les uns des autres. La réduction réduit la nature à un sujet en
quelque sorte indéterminé et que, seule, cette indétermination foncière
rend susceptible de recueillir les déterminations les plus diverses.
L’erreur des Anciens, dit le texte, est d’avoir affublé la nature de
déterminations pour ainsi dire intrinsèques [53]. La castration des
Modernes est de s’être forgé un sujet abstrait, privé, en lui-même, de
toute détermination, paroi vide servant de fond à la caverne
intérieure, où viennent s’inscrire les ombres portées de ce qui
s’offrait, jadis, avant l’invention du sujet, dans l’éclat d’un jour
radieux. Ainsi, la lumière où baignait l’expérience antique de la
sagesse fut définitivement perdue. A ce titre, la Physique demeure, à
jamais, ce qui, lui aussi, n’arrête pas de ne pas recommencer.-[1]
Les primordia rerum de Lucrèce correspondent exactement à ce qui se
désigne, ici, comme principes primordiaux des êtres naturels.[2] Banquet, 199 d 1-2 et e 6-8.[3] Banquet, 200 a 3.[4] Banquet, 200 a 9 ; cf. 200 a 5-7.[5] Banquet, 200 b 7.[6]
« Ce qu’on n’a pas, ou qu’on n’est pas, ce dont on manque, tels sont
les objets sur lesquels portent le désir et l’amour. » (Banquet, 200 e
2-5).[7] Banquet, 200 e 7-9 ; l’épisode va de 199 c 3 à 201 c 9.[8] Banquet, 202 d 1-3.[9] Cf. le mythe de Poros et de Pénia, Banquet, 203 b 1-204 a 6. Penia, en grec, signifie pauvreté.[10] Banquet, 203 d 3.(11) Banquet, 204 a 1-3.[12] Banquet, 204 b 1-2.[13] Banquet, 204 c 2-3.[14] Philèbe, 33 d 2-6.[15] Philèbe, 33 d 8-10.[16] Philèbe, 33 e 2-4.[17] Philèbe, 33 e 4-5.[18] Philèbe, 34 b 6-8.[19] Philèbe, 34 b 10-c 1.[20] Philèbe, 35 a 6-10.[21] Philèbe, 35 d 1-3.[22] Ainsi Ross, Physics, p. 487, ad 188 a 19 : « Aristotle begins here his positive account of the first principles. ».[23]
Cf. Physique, I, 2, 184 b 17 : « comme disent les physiciens » ; cf. I,
4, 187 a : « Au sens où l’entendent les physiciens », qui est,
clairement, une reprise du passage précédent.[24] Physique, I, 2, 184 b 17-18 : « disant, les uns, que le principe primordial est l’air, d’autres, qu’il est l’eau ».[25]
Physique, I, 6, 189 b 3 : « ceux qui disent que tout est une seule et
unique nature, qu’il s’agisse de l’eau, du feu, ou d’une nature
intermédiaire entre ces dernières ».[26] Il s’agit des deux
références à une réalité primordiale qui serait intermédiaire entre
l’air et le feu, ou, selon d’autres, entre l’air et l’eau : Physique,
I, 4, 187 a 14-15 (« autre chose qui est plus dense que le feu, et plus
fin que l’air »), et I, 6, 189 b 3 (« une nature intermédiaire entre
ces dernières ») ; sur la question de cette nature intermédiaire, cf.
Ross, Physics, p. 482-483.[27] Die Philosophie im tragischen Zeitalter der Griechen, chapitres 9 et 10.[28] Physique, I, 2, 184 b 18 : « s’il est multiple ».[29] Physique, I, 2, 184 b 18-19 : « qu’il soit fini, ou infini ».[30] Physique, I, 2, 185 a 20-b 5.[31]
Physique, I, 2, 185 b 5-186 a 3. Nous empruntons, pour leur commodité,
les deux expressions ex parte entis et ex parte unius à Henri Carteron,
dans son édition de la Physique dans la Collection des Universités de
France (1926).[32] Physique, I, 3, 186 a 4-22.[33] Physique, I, 3, 186 a 22-b 12 et 186 b 14-35.[34] Physique, I, 3, 186 b 12-14 et 187 a 1-6.[35] Physique, I, 2, 184 b 18-19.[36] Physique, I, 4, 187 a 12-20.[37] Physique, I, 4, 187 a 20-21.[38] Physique, I, 4, 187 a 21-26.[39] Physique, I, 4, 187 a 26-188 a 18.[40]
Physique, I, 2, 184 b 17-19 : « et s’il est un, qu’il soit, ou bien,
sans mouvement, comme disent Parménide et Mélissos, ou bien, en
mouvement, comme disent les physiciens, disant, les uns, que le
principe primordial est l’air, d’autres, qu’il est l’eau ; et, s’il est
multiple, qu’il soit fini, ou infini ». L’ordre dans lequel sont
présentées les doctrines est donc le suivant : 1° monisme immobiliste
(avec sa double variante finitiste et infinitiste, qui est, ici, passée
sous silence) ; 2° monisme mobiliste (les Ioniens) ; 3° pluralisme
finitiste (Empédocle ; le rattachement d’Anaximandre à ce courant, en
4, 187 a 21, pose évidemment un problème) ; 4° pluralisme infinitiste
(avec sa double variante, représentée, respectivement, par Démocrite et
par Anaxagore, cités, dans cet ordre, en 2, 184 b 20-22). L’ordre de
l’exposition se sépare de l’ordre de présentation sur trois points au
moins : 1° le pluralisme est examiné avant le monisme physicaliste (ou
mobiliste), car on ne saurait guère considérer les vagues allusions de
4, 187 a 12-20 comme correspondant à l’examen qu’on est en droit
d’attendre d’après l’annonce du plan en 2, 187 b 15-22 ; 2° le
pluralisme infinitiste (Anaxagore) est examiné avant le pluralisme
finitiste (Empédocle), car, pour les mêmes raisons, les allusions de 4,
187 a 23-26 ne sauraient constituer un examen de la doctrine
d’Empédocle ; 3° à l’intérieur même de l’examen du pluralisme
infinitiste, l’ordre dans lequel sont examinées les doctrines
d’Anaxagore et de Démocrite est inversé par rapport à celui qui était
annoncé en 2, 184 b 20-22, Anaxagore étant examiné avant Démocrite,
puisque l’examen de la doctrine d’Anaxagore occupe la partie restante
du chapitre 4 (à partir de 187 a 26, jusqu’à la fin du chapitre), et
que celle Démocrite est examinée au chapitre 5, même en considérant,
comme on le fait traditionnellement, que cet examen s’arrête en 188 a
30, point que nous contestons.[41] Physique, I, 5, 188 a 19-30.[42] Nous laissons provisoirement de côté la question du statut, théorique ou historique, des chapitres 8 et 9.[43]
Au « milieu », soit, exactement, en 188 a 30, puisque les lignes 188 a
22-26 sont, explicitement, consacrées à Démocrite, dont le nom est cité
l. 22, fait très rare, en dépit de l’occurrence de 2, 184 b 21.[44] Physique, I, 4, 187 a 20-26.[45] Physique, I, 2, 184 b 18-20.[46] Physique, I, 4, 187 a 12-20.[47] Physique, I, 2, 184 b 16-18.[48]
Physique, I, 6, 189 a 27-b 16. Il demeure vrai que le début du
développement se présente sur un mode strictement spéculatif, qui fait
abstraction de toute considération historique, mais la référence aux
Ioniens, ou, plus exactement, aux monistes physicalistes, devient
explicite à partir de la l. 189 b 2.[49] On comparera 6, 189 b 2-16
à 4, 187 a 12-20. La phrase : « Il s’agit, là, tout simplement, de
l’excès et du défaut, comme il a été dit plus haut » (189 b 10-11) est
une référence explicite à 4, 187 a 16-17 : « En termes généraux, il ne
s’agit toujours que d’excès et de défaut. ».[50] « En outre, on
pourrait encore se poser la question suivante : s’il ne faut pas
admettre une nature différente, qui fût sous-jacente aux contraires » ,
Physique, I, 6, 189 a 27-29 ; cf. I, 7, 191 a 8 ; 8, 191 b 34 ; 9, 192
a 10 et 30 ; II, 1, 193 a 28-29.[51] « Si l’on tient, pour vraie,
la proposition précédente, ainsi que la dernière, il faut, si l’on veut
vérifier les deux, admettre une troisième chose sous-jacente, comme
soutiennent ceux qui disent que le tout est une seule et unique nature,
qu’il s’agisse de l’eau, du feu, ou d’une nature intermédiaire entre
ces dernières. », Physique, I, 6, 189 a 34-b 3.[52] Cette analyse
de la façon dont nous exprimons le devenir occupe le premier paragraphe
du chapitre 7, de 189 b 30, jusqu’à 190 a 13.[53] « Il demeure
qu’ils affublent, tous, cet élément unique de termes contraires, d’une
densité ou d’une rareté, et d'un plus ou d'un moins. » , Physique, I, 6,
189 b 8-10.
oyseaulx |
20 h 32 |
Rubrique : études sçavantes
| Màj : 20/11/05 à 17 h 03
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