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Réponses aux objections

Dimanche 09 Septembre 2007.

Réponse à M. Dutant, sur les Catégories d'Aristote

vers le 16 juin 2007

M. Dutant devrait sçavoir, et sçait du reste parfaitement, que le terme de sujet a deux sens différents :

1° celui, aristotélicien, de sujet de l'attribution et de l'inhérence, qui désigne un être qui ne peut, ni, se dire (kategoreisthai) d'un autre être, ni, résider en un autre être, c'est-à-dire qui ne peut être, ni, attribut, ni, accident : « Socrate » ne peut se dire d'un autre être, tandis que « Homme » peut se dire de « Socrate » (« Socrate est un Homme » ; « Homme » est attribut (legomenon) ) ; de même, « savoir lire et écrire » est un être qui réside en un autre être, à savoir « en l'âme ». Cf. le chapitre 2 des Catégories, qui emploie le mot sujet (hupokeimenon), à la fois, pour désigner ce dont se disent les attributs et ce en quoi résident les accidents, en distinguant, dans l'ordre, les quatre cas suivants :

a) attributs (« Homme », dans « Quelqu'un est un Homme » ; cf. Catégories, 1 a 20-22) ;

b) accidents non attributs (« savoir lire et écrire », dans « savoir lire et écrire réside dans l'âme » ; cf. Catégories, 1 a 23-29) ;

c) accidents attributs (le deuxième « savoir », dans « savoir lire et écrire est un savoir » ; cf. Catégories, 1 a 29-b 3) ;

d) par exclusion, ce qui n'est ni attribut, ni accident, est sujet (« tel cheval », « tel homme » ; cf. Catégories, 1 b 3-6) ;

Précisons que le terme d'inhérence désigne le mode d'être des accidents qui résident « en » leurs sujets ;

2° celui, moderne et cartésien (post-cartésien, si l'on veut), de sujet de la représentation, c'est-à-dire de sujet qui se représente des représentations, donc, de conscience.

Dans les deux cas, il s'agit de superstitions humanistes.

Dans le premier cas, d'une superstition qui renvoie à l'illusion de la signification, selon laquelle ce qui est est ce qu'il doit être pour que le propos tenu à son sujet ait un sens ; c'est le postulat d'Aristote (sur lequel repose toute sa Physique), et, déjà, du Socrate du Phédon (la quatrième preuve de l'immortalité de l'âme repose sur ce postulat), postulat qui s'oppose à celui des Présocratiques.

Dans le deuxième cas, d'une supersitition qui renvoie à l'illusion de la représentation, selon laquelle le sujet ne fait pas partie du monde qu'il se représente.

L'importance de Kant est qu'il est conscient du paralogisme qu'enveloppe la représentation (Descartes : « Je suis celui pour qui je me prends » ; Kant : « Rien ne m'autorise à penser que je suis celui pour qui je me prends, mais je ne puis cependant m'empêcher de me prendre pour »).

L'importance de Heidegger vient de ce qu'il commence à nous débarrasser des illusions de la subjectivité, qui constituent le fondement de l'ordre moral bourgeois.

oyseaulx | 00 h 45 | Rubrique : Réponses aux objections | Màj : 30/05/08 à 18 h 40 | Lu 322 fois

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