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Dimanche 09 Septembre 2007.

Réponse à un commentaire paru sur le site des étudiants de Paris VIII, touchant une façon inconsidérée et ambiguë de critiquer la psychanalyse

15 août 2007

Que l'inconscient freudien soit « psychique » ne soulève pas de difficulté, si ce n'est, toutefois, que personne ne sait ce que veut dire « psychique », terme que Freud ne semble pas employer autrement que pour désigner un dedans sans dehors au sein duquel ce dernier ne pénètre que sur le mode de la représentation. Au fond, on n'est pas si éloigné de Fichte et de sa conscience conçue comme pure intériorité, sauf que le Moi n'est pas maître dans sa maison.

En revanche, la proposition : « Pour un inconscient, il faut une conscience. Pour une conscience, il faut quelque chose » n'est pas recevable, car la première occurrence de « conscience » prend ce mot au sens de Freud, où il désigne l'une des instances de l'appareil psychique, encore que Freud ne se soit que très rarement exprimé sur cette instance, sauf dans le Complément métapsychologique à la théorie du rêve (dans la Traumdeutung, la conscience est simplement définie comme un organe de perception), tandis que la seconde occurrence du mot prend celui-ci au sens philosophique (au sens universitaire), plus exactement husserlien, de subjectivité ou d'un acte de perception (au sens phénoménologique) accompli par cette dernière. Il nous semble, au contraire, que, chez Freud, la conscience n'est nullement une subjectivité, même pas et surtout pas au sens que la psychanalyse ultérieure donne à ce mot, et encore moins au sens phénoménologique, mais désigne une sorte particulière de traces mnésiques que singularise leur caractère fugitif d'inscriptions transitoires, devenues susceptibles, grâce à cette circonstance particulière, d'être accompagnées de perception, c'est-à-dire, si l'on veut, de « conscience », au sens d'une qualité (d'origine énergétique, c'est-à-dire consistant en un investissement) qui accompagne ce type de représentations, mais n'explique nullement leur nature, ni leur origine. Il est tout-à-fait condamnable de mélanger les références freudienne et husserlienne, car on parvient, ainsi, à un confusionnisme qui autorise bien des approximations théoriques et bien des manipulations de « conscience » ; qu'on songe aux compromissions de Lacan avec la phénoménologie... On imagine facilement tout le bénéfice que les idéologies réactionnaires de « l'Homme », du sujet et de la conscience peuvent retirer de ce genre de rapprochements, au point de faire, de la psychanalyse, une technique de manipulation au service de l'ordre dominant, situation qui est loin d'être circonscrite aux seuls Etats-Unis.

oyseaulx | 07 h 26 | Rubrique : Réponses aux objections | Màj : 15/09/07 à 22 h 56 | Lu 246 fois

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