C'est la traduction du duc de Luynes et elle est loin d'être toujours exacte, bien qu'approuvée par l'auteur. Dans le passage que vous soulevez, elle n'en est pas moins défendable, puisque cogitatio ne désigne pas, ici, la pensée d'une manière simplement générale, c'est-à-dire comme attribut principal d'une substance pensante (cf. Principes, I, 63), mais des actes singuliers tels que des volitions, des affirmations et des négations, qui sont des actes singuliers de l'Ame, donc des « actions », et, donc, des modes (cf. Principes, I, 64), de la substance pensante, qui font d'ailleurs intervenir la volonté qui n'est, elle-même, qu'un mode de la pensée. Ainsi, c'est à juste titre que l'Ame est dite le sujet (au sens aristotélicien, il est vrai) des actes qu'elle-même accomplit. Il reste que je ne suis pas d'accord avec vous lorsque vous dites que la notion moderne de sujet, au sens de sujet de la représentation ou de la connaissance, est étrangère à Descartes. Si le mot n'est peut-être pas employé en ce sens, comme il le sera au siècle suivant, il demeure que, sans cette notion, le doute, le Cogito, bref tout le déroulement des Méditations, n'auraient aucun sens. Le dualisme du sujet et de l'objet est bien constitué chez Descartes.
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Anonyme
28/11/09 à 02:15
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